Colonisation et cannibalisme

La colonisation de l’Afrique par les Européens a permis à ceux-ci de découvrir des cultures différentes. Même si la nouveauté n’a tout de même pas enchanté les conquérants, les amenant même à imposer leur mode de vie et leurs valeurs sur le continent africain, la colonisation a été une étape importante côté anthropologique. C’est à ce moment que les européens ont fait face à des pratiques alimentaires totalement différentes des leurs, basées sur un modèle de survie plutôt que de gastronomie. En effet, selon certains, une pratique des plus surprenantes était courante dans plusieurs villages des tribus africaines : le cannibalisme.

Plusieurs types de cannibalisme auraient eu lieu dans ces tribus : le cannibalisme «gastronomique», soit à des fins nutritionnelles, le cannibalisme médical, qui visait à ingérer une certaine partie du corps pour ses vertus soignantes, le cannibalisme mortuaire, dans le but de garder un contact avec le défunt, le cannibalisme de sacrifice, souvent dans un but religieux ou guerrier, et finalement, le cannibalisme de survie, qui ne se produisait que lors de circonstances exceptionnelles.

Certains historiens et anthropologues affirment que les preuves qui permettraient de confirmer la pratique de l’anthropophagie en Afrique sont peu concluantes, mais la chose demeure tout de même intriguante. Des récits et journaux de colons détaillent l’«étalage» d’individus, puis la venue d’autres habitants qui choisissent la partie qu’ils voudront cuisiner, en faisant des marques à la craie sur le corps. La «viande» est alors décapitée, puis découpée selon le choix des consommateurs, qui repartent ensuite avec un bras, un pied, ou plusieurs côtes. Cela aurait été une pratique courante et traditionnelle dans plusieurs villages. Que ces récits soient vrais ou non, leur caractère symbolique demeure très important. Dans ces sociétés à solidarité mécanique (traditionnelles), où les liens communs reposent sur la ressemblance et l’affectivité, les pratiques issues des traditions avaient une importance inégalée, et les questionner ne venait même pas à l’esprit. Ainsi, l’offrande d’un jeune humain pour manger (ou les mythes reliés à de telles pratiques) faisait partie de la culture et était considéré normal.

Les explications pouvant confirmer la pratique de l’anthropophagie sont logiques et plausibles : c’est sans doute le climat aride et le développement lent de l’agriculture qui a amené les tribus à consommer la chair humaine. Ce serait dans un but de survie et pour remplir un besoin vital que les premiers hommes cannibales seraient apparus. Puis, soit le mythe ou la pratique même aurait été perpétué, sous un des cinq caractères détaillés plus hauts.

Lors de l’arrivée des colons dans ces endroits où les habitudes étaient peu orthodoxes selon la tradition européenne, il y a eu une séparation distincte entre le colon et le colonisé, d’autant plus forte à cause des possibles comportements de cannibalisme des Africains. Les Européens les ont dès lors considérés comme étant inférieurs puisqu’ils enfreignait le principe même de la supériorité de l’Homme par rapport à l’animal, en consommant la chair humaine plutôt que celle du bétail. Les histoires d’horreus sur les cannibales se sont donc rapidement propagées dans la littérature, même si ceux-ci étaient en nombre de plus en plus restreint.

Il faut dire que les préjugés par rapport aux habitudes alimentaires ne datent pas d’hier, et que celles-ci contribuent fortement au développement d’une culture. Mêmes si elles se différencient selon les régions et les sociétés, l’origine d’une habitude alimentaire est souvent la disette et la faim, qui pousse l’Homme à ingérer ce qui se trouve à sa portée, humain ou pas. Donc, la prochaine fois que quelqu’un jugera votre sandwich aux œufs, rassurez-vous que vous ne soyez pas l’objet d’histoires d’horreurs!

 

Sources :

Duluqc, Sophie, «Cannibalisme, entre essence et existence (2/2)» dans Anthropologie et histoire, [http://anthist.hypotheses.org/838], (consulté le 26 avril 2014).

Dulucq, Sophie, «Anthropophagie, alimentation et colonisation. Discours et représentations en France à la fin du XIXe siècle», sur le site Academia, [http://www.academia.edu/5105368/Anthropophagie_alimentation_et_colonisation._Discours_et_representations_en_France_a_la_fin_du_XIXe_siecle], (consulté le 26 avril 2014).

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